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La methode de King
Écrit par MAREC Guillaume   

1. Définition

Il s'agit d'une méthode de mise en station qui utilise l'interprétation sur des photographies de la dérive apparente des astres en ascension droite et en déclinaison. Cette méthode nécessite une monture de grande qualité dont le mouvement horaire est très précis afin de permettre l'analyse de la dérive en ascension droite. En suivant les recommandations d'Edward Skinner KING, on analyse la dérive des astres sur un cliché de la région du pôle réalisé sans "rattrapages". Une mise en station imparfaite provoque un allongement des images d'étoiles. L'étude du cliché fournit une indication de hauteur et de direction du pôle réfracté. Il faut ensuite régler finement la position du télescope d'après ces informations. Cette méthode est donc quantitative. De plus, elle permet la mise en station sur le pôle réfracté. Notez qu'il est aussi possible d'adapter cette technique à des observations visuelles.

De plus, l'instrument devra avoir un axe horaire très bien défini. En effet, selon l'orientation de l'instrument, les flexions inclinent plus ou moins l'axe autour duquel il semble tourner. Dans les cas usuels, la position de l'axe horaire se décale souvent de plusieurs minutes d'arc en passant d'une orientation à l'autre (par exemple en passant de l'angle horaire 0h à 6h). Avec de nombreux instruments du commerce, ce décalage peut atteindre plusieurs dizaines de minutes d'arc. La méthode de King est donc indiquée dans des cas très exceptionnels, elle sort du cadre de cet article.

 

2. Historique de sa création - auteur(s)

   

      Mise à part la visée polaire, la seule méthode répondant aux exigences de la conclusion précédente est à notre connaissance la méthode photographique publiée par l'astronome américain Edward Skinner KING en 1931 dans son ouvrage "A Manual of Celestial Photography: Principles and Practice for Those Interested In Photographing the Heavens"

 

3. De quoi s’agit-il ?

 

      La méthode de King utilise uniquement le champ polaire qui subit toujours une réfraction d'environ 1' à nos latitudes; donc cette méthode rend l'axe de rotation de la monture parallèle à la direction apparente (réfractée) du pôle céleste.



4. Dans quels cas/circonstances l’utiliser ?

 

      On l’utilise pour une mise en station.

Son principal intérêt réside dans la précision de la mise en station qui peut descendre bien au-dessous de la minute d'arc. Cette précision est nécessaire dans les cas suivants :
       - Télescopes photographiques à grand champ tels qu'un télescope de Schmidt recevant des plaques (ou films) de plus de 60mm de diamètre.
       - Photographies à longue pose à proximité immédiate d'un pôle céleste.


5. Description succincte de son principe de fonctionnement (schéma)

 

 

 

      La méthode de King ne s'applique qu'au voisinage immédiat d'un pôle céleste. Choisissons le pôle nord représenté par le point bleu N au centre de la figure ci-dessus. Le plan de cette figure représente la voûte céleste autour du pôle N : le champ angulaire étant faible, de l'ordre de quelques degrés au plus, on peut faire cette approximation. Les positions sont repérées grâce au système d'axes fixe (solidaire du lieu d'observation) défini par l'horizontale (gauche, droite), c'est-à-dire (ouest, est) pour un observateur face à l'horizon nord, et par le méridien local orienté positivement vers le zénith. Dans leur mouvement diurne les étoiles décrivent des cercles centrés sur le pôle N dans le sens inverse des aiguilles d'une montre ; la grandeur H est l'angle horaire de l'étoile pointée. Le point vert I est le pôle instrumental ; les coordonnées cartésiennes, "db" et "di", de I dans le repère fixe de la figure représentent les défauts de mise en station. Le pôle instrumental I est également caractérisé par ses coordonnées polaires (D, thêta) inscrites en vert sur la figure ; D est la distance angulaire du pôle instrumental au pôle céleste N tandis que thêta détermine son angle horaire. Enfin le repère mobile local (u, v), représenté en bleu sur la figure dans deux directions différentes, suit le mouvement diurne de l'étoile visée ; l'axe u est orienté dans le sens du mouvement diurne et l'axe v, perpendiculaire au précédent, pointe vers le pôle. C'est dans ce repère que l'on définit et que l'on mesure les vitesses de dérive est-ouest U et sud-nord V.

      La méthode de King exploite la propriété remarquable suivante : aux abords du pôle les vitesses de dérive des étoiles sont indépendantes, en module et en direction, de leur position dans le ciel. Ces vitesses, représentées en rouge sur la figure, sont toutes égales à un vecteur constant C dans le repère cardinal fixe déjà défini. La méthode de King consiste à déterminer le vecteur C à partir de la mesure des composantes U et V de la dérive d'une étoile d'angle horaire connu. La connaissance du vecteur C permet d'obtenir facilement, au moyen de formules simples (cf. ci-dessous), la position du pôle instrumental I et, partant, les défauts de mise en station. Le vecteur de dérive C est toujours perpendiculaire à la ligne joignant le pôle céleste N au pôle instrumental I. Si donc l'étoile suivie se trouve sur cette ligne du côté de I (respectivement du côté de N), il n'y a pas de dérive sud-nord V et la dérive U est dans le sens du mouvement diurne (resp. dans le sens opposé).


6. Forces/faiblesses de l’outil

  Avantages : Cette méthode est précise et ne nécessite pas d'équipement spécialisé. Elle permet de déterminer une éventuelle erreur de mise en station. De plus,  l'avantage de la mise en station grâce à la méthode de King est de pouvoir détecter et corriger simultanément les dérives en Ascension droite et en Déclinaison.


   Inconvénients : Cette méthode est longue à mettre en oeuvre, même dans sa version "visuelle" et elle doit être pratiquée sur un instrument d'observatoire équipé d'une monture performante dont le socle est muni de réglages fins en site. De plus l’utilisation de la méthode de King nécessite que l'étoile Polaire soit visible depuis le lieu d'observation....


     7. Temps/difficulté d’apprentissage


Cette méthode est longue à mettre en oeuvre, même dans sa version "visuelle" et elle doit être pratiquée sur un instrument d'observatoire équipé d'une monture performante dont le socle est muni de réglages fins en site et en azimut.


8. Autres outils assumant des fonctions similaires

 

La Méthode de Bigourdan
Niveau à bulle et cercle de coordonnées
La croisée sur la polaire
La croisée sur le pôle
Le viseur polaire
Mise en station avec le viseur polaire

 


9. Existence de logiciels, de formations support

 

Astro-snap

IRIS

Super Polaris

 


10. Bibliographie/webographie

 

http://tercoif.club.fr/observationetimagerie/miseenstation.html

 

http://serge.bertorello.free.fr/station/station.html#King

 

http://www.astrosurf.com/skylink/doc_astro/pratique/king/artstaB.html#CHAPB

 

http://steph.ubaud.free.fr/articles.php?lng=fr&pg=57

 

http://www.astrosurf.com/durville/stationking.htm

 

http://pagesperso-orange.fr/mesxxi.durand/king.html