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Le Bilan
Carbone est une méthode de comptabilisation des émissions de gaz à effet de
serre. Elle permet d’accéder à une bonne évaluation des émissions directes ou
induites par une activité (entreprises industrielles ou tertiaires,
administrations, collectivités ou même territoire géré par des collectivités) à
partir de différentes données.
2.Historique de sa création
- auteurs
Le Bilan
Carbone a été lancé en 2004 par l’ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) en collaboration
avec Jean-Marc Jancovici, un ingénieur français spécialisé dans le
domaine de l'énergie et du climat.
Le Bilan
Carbone est aujourd’hui décliné en deux versions : une version
« entreprise » et une version « collectivités » qui
elle-même se décline en deux modules (module patrimoine et service et module
territoire). Ces versions sont régulièrement mises à jour.
Depuis
2007 on retrouve aussi une autre version de cette méthode : le Bilan
Carbone Personnel réservé aux particuliers.
3.De quoi s’agit-il ?
Le bilan carbone est le fruit de
différents enjeux énergétiques dont l’augmentation de la consommation
d'énergie, l’épuisement des énergies fossiles, et la recherche d’énergies sans
carbone (énergie nucléaire, énergies renouvelables) et de leurs conséquences
climatiques (réchauffement climatique, désertification, montée des eaux,
baisse de la biodiversité, …).
En effet,
toute activité humaine, quelle qu'elle soit, engendre directement ou
indirectement des émissions de gaz à effet de serre. De ce fait, toute
entreprise, activité administrative ou associative peut s'intéresser aux
émissions qu'elle génère afin de, tout d’abord en prendre conscience au travers
d’un bilan, et ensuite agir pour les limiter.
C’est dans
ce sens que va la méthode Bilan Carbone de l’ADEME : en comptabilisant les
émissions de gaz, elle permet de
connaître ses marges de manœuvre et de réduire ses émissions de diverses
manières.
Cette
méthode s’inscrivant dans la démarche d’un diagnostic « effet de
serre » de son activité ou de son territoire est la première étape
indispensable du diagnostic.
4.Dans quels
cas/circonstances l’utiliser ?
Dès lors
qu’une activité veut réduire son impact écologique, il est nécessaire de
connaitre pour elle ses émissions de gaz à effet de serre, quelles soient
directes (par exemple la fabrication des produits) ou indirectes (moyens de
transport des salariés, construction des bâtiments occupés, fabrication des
matières premières ou encore consommation et fin de vie des produits vendus)
En effet,
ces gaz produisent le même effet sur le climat mondial quel que soit l’endroit
où ils sont produits donc seul une réduction de ceux-ci peut être bénéfique
pour la terre.
Grâce à
cette méthode, toute entreprise ou administration désirant "faire quelque
chose" pour limiter la dérive climatique pourra donc connaître sa pression
globale sur le climat mondial mais aussi ses marges de manœuvre à court et long
terme pour faire baisser cette pression.
Les
résultats pourront donc être utilisés à court terme pour lancer un plan
d’action de réduction des émissions et fixer un objectif de réduction mais
aussi à plus long terme pour modifier les stratégies de son activité ou
demander un Bilan Carbone des fournisseurs pour réagir ensemble par la suite.
5.Courte description du principe de fonctionnement
La méthode Bilan Carbone dans son ensemble peut se résumer en six
étapes :
1)Sensibilisation à l'effet de serre
2)Définition du champ de l'étude
3)Collecte des données
4)Exploitation des résultats
5)Établissement des pistes d'action de réduction
6)Lancement d'action de réduction
a)Sensibilisation à l’effet de serre
Le principe général de la
méthode est de prendre en compte tous les flux physiques qui concernent une
activité (flux de personnes, d'objets, d'énergie) et de leur faire correspondre
les émissions de gaz à effet de serre qu'ils engendrent.
Les
gaz à effet de serre pris en compte par le Bilan Carbone sont très nombreux. On
retrouve par exemple le gaz carbonique (présent dès lors que nous brûlons un
produit contenant du carbone comme du charbon, du pétrole, du gaz naturel, du
bois ou du plastique), le méthane ou le protoxyde d’azote.
Néanmoins la plupart du
temps, les émissions de gaz à effet de serre ne
se mesurent pas. On mesure
plutôt la concentration en gaz à effet de serre dans l'air. En effet, la mesure
directe des émissions peut poser problème : il n’est pas commode par
exemple de sonder chaque cheminée, chaque pot d’échappement ou chaque
chaudière. La méthode Bilan Carbone est donc plutôt une méthode de calcul
qu’une méthode de mesure.
La première étape de la
méthode consiste à sensibiliser l’ensemble des parties prenantes, que ce soit
uniquement les dirigeants de l’activité ou l’ensemble du personnel si de
grosses modifications sont à prévoir. Ceux-ci doivent tous réaliser que de
telles émissions ont lieu et vouloir s’y intéresser. Une telle étape est
indispensable pour la suite de l’action.
b)Définition du champ de l'étude
La méthode Bilan Carbone
peut s’utiliser à trois niveaux différents : une approche dite interne ou
locale, une approche intermédiaire et une approche globale. En effet comme
toute activité engendre des gaz à effet de serre, il est nécessaire de savoir
où s’arrêter. Ces trois niveaux d’utilisation sont présents dans les documents
fournis par l’ADEME.
(i)Approche
interne
Même
si cela conduit à ne comptabiliser qu’une faible partie des émissions de gaz
liées à son activité, on peut très bien décider de s’arrêter à ce que l’on
engendre chez soi et uniquement chez soi.
Cette
approche est une première étape qui permet de se familiariser avec la méthode
et qui est extrêmement rapide en comparaison des autres.
Néanmoins
elle souffre de quelques défauts. En effet, avec une telle approche on va
prendre en compte la combustion qui a lieu en interne (procédés industriels,
chauffage des locaux), et les émissions qui ne sont pas liées à une combustion
(évaporations et fuites, et réactions chimiques autres que la combustion) mais qui
ont lieu au sein de l'activité.
Par contre
les émissions liées à la production d’électricité peuvent être comptabilisées
ou non si elles ont lieu au sein de l’activité ou non. De ce fait une
entreprise qui cesse d’acheter de l’électricité produite avec du charbon pour produire sa propre
électricité au gaz va augmenter ses propres émissions alors que globalement
elles baissent (le gaz est moins émissif que le charbon).
Il est donc fortement conseillé de
ne pas s’en tenir uniquement à cette approche.
(ii)Approche
intermédiaire
Comme l’approche interne est déconseillée, on peut
choisir d’inclure une partie des émissions qui proviennent d’activités
extérieures à celles étudiées mais nécessaires à cette dernière pour exister.
Le fait de ne prendre en compte qu’une partie des
émissions extérieures permet de ne compter qu’une seule fois une même production
de gaz lors de l’étude d’une chaine d’entreprise travaillant sur un même
produit (par exemple émissions de gaz nécessaires à la production de matière
première).
Pour cette approche on va donc
prendre en compte :
·les
combustibles utilisés à l'intérieur de l'activité (procédés industriels,
chauffage des locaux)
·les
émissions internes non liées à une combustion (évaporations et fuites, et
réactions chimiques autres que la combustion) qui ont lieu au sein de
l'activité concernée, tout comme pour l’approche interne.
Mais aussi :
·les
émissions correspondant aux achats d'électricité et de vapeur (émissions qui
auront donc lieu au sein du périmètre interne des "producteurs
d'énergie"),
·les
émissions liées aux déplacements des salariés dans le cadre du travail, les
émissions liées aux déplacements domicile-travail des salariés,
·les
transports vers les clients ou, pour une activité de vente aux particuliers,
les déplacements des clients jusqu'au magasin (poste significatif pour les
grandes surfaces commerciales en banlieue).
Cette approche est très intéressante lors d’une
production grâce à une chaine d’entreprise ou pour comptabiliser les émissions
d’un ensemble plus vaste : le fait de ne pas compter certaines choses
permet de n’avoir qu’à sommer toutes les émissions intermédiaires.
Par exemple pour avoir les émissions
de la filière "fabrications de chaises de classe", et donc la
"quantité de gaz à effet de serre dans une chaise", il suffit
d'ajouter les "émissions intermédiaires" du producteur d'acier,
celles du producteur de plastique, celles des fabricants d'autres matières
premières utilisées, (en tenant compte de leurs quantités) puis celles du
fabricant de chaises et enfin celles du distributeur de chaises. De ce fait, tous
les flux physiques qui interviennent dans la fabrication de chaises en
émissions sont pris en compte, sans compter deux fois la même chose. Par la
suite, en divisant le total de la filière par le nombre de chaises on aura le
"contenu en gaz à effet de serre par chaise".
Cette approche permet donc aussi une comparaison
plus facile entre deux activités. Néanmoins, comme elle néglige certains
aspects, elle peut ne prendre en compte qu’une faible partie des émissions de
gaz d’une activité.
(iii)Approche
globale
Même si l’approche
intermédiaire peut se révéler très intéressante, on peut vouloir connaitre
l’ensemble de nos émissions et donc l’impact total que l’on a sur
l’environnement. L’approche globale va donc tenir compte de tous les flux
entrants et sortants de la fabrication des matières ou la construction des
machines au traitement des divers déchets produits (à l’intérieur de l’activité
ou par le produit) : tout ce qui concourt à
l'exercice d'une activité est pris en compte, dès lors qu'il existe une
possibilité d'action de la part de l'activité sur les émissions en question.
Dans cette approche
globale, on va donc prendre en compte tout ce qui se trouve dans l’approche
intermédiaire :
·les
combustibles utilisés à l'intérieur de l'activité (procédés industriels,
chauffage des locaux)
·les
émissions internes non liées à une combustion (évaporations et fuites, et
réactions chimiques autres que la combustion) qui ont lieu au sein de
l'activité concernée,
·les
émissions correspondant aux achats d'électricité et de vapeur (émissions qui
auront donc lieu au sein du périmètre interne des "producteurs
d'énergie"),
·les
émissions liées aux déplacements des salariés dans le cadre du travail, les
émissions liées aux déplacements domicile-travail des salariés,
·les
transports vers les clients ou, pour une activité de vente aux particuliers,
les déplacements des clients jusqu'au magasin (poste significatif pour les
grandes surfaces commerciales en banlieue).
Et y rajouter :
·les
transports des fournisseurs jusqu’à l’activité concernée,
·la
fabrication des matériaux incorporés dans la production étudiée (y compris ceux
qui servent aux emballages),
·la
construction du bâtiment occupé, même en cas de location,
·le
cas échéant, la construction des machines utilisées,
·le
traitement des déchets produits directement (ce qui est dans la poubelle de
l'activité) ou indirectement (les emballages qui eux, sont des futurs déchets).
Cette approche permet donc d’avoir la vision la plus
large sur l’ensemble des processus nécessaires et sur lesquels il est possible
d’agir mais il faut toujours garder à l’esprit que cette méthode concerne
uniquement les émissions de gaz à effet de serre donc il faut tout de même
vérifier que diminuer celles-ci n’entraine pas d’autres nuisances : par
exemple, supprimer les pots catalytiques permet d’avoir un meilleur rendement
moteur et donc une consommation d’essence amoindrie mais entraine une
augmentation de la pollution et une nuisance sonore non négligeable.
Voilà une illustration qui résume ce qui
concerne chacune de ces trois approches :
La différence entre ces
trois approches est aussi détaillée dans les exemples à la fin de ce
paragraphe.
c)Collecte des données
L’étude
étant réalisée avec l’aide d’un prestataire désigné par l’ADEME, la collecte de
données devra être réalisée par celui-ci. Il effectuera une visite du site afin
de proposer une des trois approches précédentes et de collecter certaines
données telles que le descriptif des activités étudiées (administratives, de
production…), les quantités et les caractéristiques des combustibles consommés,
la nature et la quantité des produits consommés (matières premières,
emballages, consommables…) ainsi que leur contenu en carbone, les caractéristiques
des modalités de transport des salariés, des marchandises, la nature et les
quantités de déchets ou effluents générés et les éléments liés à
l’amortissement des immobilisations.
Le
prestataire devra peut être aussi se rendre chez certains fournisseurs pour
collecter des données complémentaires et pourra grâce à cela distinguer les
différentes émissions par la suite.
La
collecte des données peut se faire grâce à un tableau comme celui-ci :
d)Exploitation des résultats, Etablissement des pistes
d’action de réduction et Lancement de ces actions
L’ensemble des calculs sont réalisés à partir de
facteurs d’émissions : il s’agit d’une quantité moyenne de gaz à effet de
serre pour chaque activité que ce soit pour la combustion d’un kilogramme de gaz,
la consommation d’une voiture pour un kilomètre…
On retrouve donc des facteurs d’émissions
pour :
·les
consommations directes d'énergie "tout compris" (exploitation du gaz
naturel, transport, entreposage, distribution, et bien sûr combustion) qu'elles
soient disponibles en litres, tonnes, kWh, ou tep (tonnes équivalent pétrole).
·les
utilisations de transports, qu'ils soient exprimés en nombre de voyages par
mode, en tonnes.km par mode, en passagers.km par mode, en nombre de personnes
venant en voiture au bureau…
·la
fabrication des matières premières utilisées, ces dernières étant disponibles
en tonnes.
·la
fin de vie des déchets, selon le mode de gestion (incinération, décharge), avec
des déchets disponibles en tonnes.
·les
eaux usées, lorsqu'il est possible de connaître leur teneur en DBO (DEMANDE
BIOCHIMIQUE EN OXYGÈNE)
·les
émissions liées à la construction des bâtiments occupés, ces derniers pouvant
être exprimés en m2 de surface développée,
·etc…
L’ensemble de ces quantités varient en fonction de
l’approche utilisée.
A partir de ces facteurs d’émissions, le fichier
Excel proposé par l’ADEME va effectuer divers calculs assez complexes. Les
résultats seront exprimés en équivalent carbone et fournis sous la forme de
graphiques comme ceux-ci :
Après ces calculs et l’élaboration de ces
graphiques, plusieurs choses restent à faire pour l’activité étudiée.
Tout d’abord, une publication des résultats peut
être faite. Ces publications peuvent correspondre à une obligation et
rassemblent souvent les méthodes utilisées par l’activité et les valeurs
quantitatives obtenues. Par la suite, une nouvelle étude et donc une nouvelle
publication pourra être faite à intervalles réguliers. Cela permettra de
comparer les résultats et donc de suivre la progression de l’activité
Ces publications pourront devenir de plus en
plus utiles pour entretenir un bon rapport avec des clients, des investisseurs
soucieux de l’environnement ou même des associations de défense de
l’environnement et les pouvoirs publics.
Dès lors qu’elle obtient ces
résultats l’activité en question peut, avec l’aide du prestataire de l’ADEME,
rechercher des pistes d’action de réduction des émissions de gaz. On distingue
trois types d’actions, les actions immédiates qui permettent une réduction plus
ou moins élevée des gaz à effet de serre sans nécessiter d’investissement, les
actions prioritaires qui doivent être menées à court terme car elles ont un
fort potentiel de réduction d’émissions et les actions stratégiques qui engagent
une modification notoire de l’activité.
On voit donc, après un Bilan
Carbone, des actions allant d’une modification des comportements individuels à
court terme à des évolutions stratégiques de l’activité de l’entreprise à plus
long terme.
De plus il ne faut pas oublier
que quel que soit l’endroit où les émissions ont lieu, elles ont le même impact
sur l’environnement donc les réductions sont bénéfiques même à l’extérieur donc
il ne faut pas perdre du temps sur un poste interne à
faible émission alors qu’un poste extérieur pourrait émettre beaucoup plus. Cependant les émissions extérieures peuvent
uniquement être réduites en faisant pression sur les fournisseurs ce qui peut
parfois poser certains problèmes : pour que les réductions soient
optimales, ces fournisseurs devront eux aussi effectuer leur Bilan Carbone et
certains peuvent ne pas accepter de le faire.
Les
analyses effectuées et les recherches d’actions peuvent être complétées grâce à
la méthode Bilan Carbone. En effet, chaque idée pourra soit être confirmée soit
être infirmée en modifiant celle-ci dans les processus utilisés par l’activité
et en effectuant un nouveau bilan. Cette vérification immédiate permet de
choisir au mieux les changements à effectuer en comparant les différentes
solutions possibles.
Une
fois ces recherches faites, un plan d’action peut être lancé. Celui-ci peut
s’étaler sur plusieurs années mais permet de se préparer à une vraisemblable augmentation
des obligations règlementaires environnementales ou même à toute modification
des tarifs des diverses énergies utilisées. Pour faire respecter ce plan,
certaines entreprises indexent la part variable de la rémunération des cadres
dirigeants sur les performances de l’entreprise en la matière. Cette
modification de stratégie de l’activité pour la rendre moins riche en émission
de gaz aura un impact positif à la fois sur l’environnement et sur les charges
de chauffage et de transport.
Lorsque
le Bilan est terminé, le prestataire devra rédiger un rapport d’étude
comprenant très souvent le bilan global des émissions selon la méthode Bilan
Carbone, les propositions à destination du maître d’ouvrage sur les marges de
progrès dont il dispose pour améliorer son bilan d'émission de gaz à effet de
serre (accompagnées, dans la mesure du possible de renseignements sur les coûts
associés et sur la faisabilité stratégique et économique au regard des
impératifs du maître d’ouvrage) et une fiche de synthèse. On trouve un exemple
de rapport d’étude effectuée à la Direction Générale de l’Energie et des Matières
Premières, du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
ici : http://www.developpement-durable.gouv.fr/energie/developp/serre/carbone_dgemp.pdf
Exemples
concernant les différentes approches et fournis par Jean-Marc Jancovici sur son site :
Exemple 1 : une entreprise chimique
En prenant l’approche interne, on
comptabiliserait :
·les
combustibles utilisés pour les installations de production,
·le
charbon, le fioul ou le gaz utilisé pour chauffer les locaux,
·les
éventuelles émissions liées aux fuites (de gaz, de fluides frigorigènes) ou aux
gaz brûlés (torchères),
Mais il y a aussi la consommation de
l'électricité, les salariés qui viennent à l'embauche le matin, les commerciaux
qui visitent les clients, et les marchandises qui sont expédiées. Pour obtenir
les émissions intermédiaires il faudra alors rajouter :
·la
production de l'électricité achetée à l'extérieur,
·les
déplacements domicile travail des salariés,
·les
déplacements des salariés pendant les horaires de travail,
·les
déplacements des marchandises vers les clients.
Et enfin on pourrait aussi
considérer qu’il faut prendre en compte :
·que
les matières premières utilisées ont du être produites, ce qui a engendré des
émissions,
·que
les transports de ces produits de base jusque vers cette entreprise ont
engendré des émissions,
·que
les déchets produits engendrent des émissions (lorsque l'on les brûle en
incinérateur, ou lorsqu'ils pourrissent en décharge)
·que
les produits ou services achetés (téléphone, machines, bâtiments, ordinateurs)
ont eux aussi donné lieu à des émissions,
·etc…
Dans une approche
"globale", on rajoutera donc :
·les
émissions qui ont été nécessaires pour fabriquer les matières premières
utilisées par l’usine,
·les
émissions engendrées par la construction des bâtiments et des machines,
·les
émissions dues au transport des matières premières de chez le fabricant jusque dans
l’entreprise,
·les
émissions liées à la fin de vie des déchets ou rebuts
Exemple 2 : une entreprise de second
œuvre du bâtiment
En prenant l’approche interne, on
comptabiliserait :
·l'énergie
(non électrique) utilisée pour chauffer les locaux,
·éventuellement
les vapeurs de solvants émises pendant certains collages.
Mais les salariés doivent venir à
l'embauche le matin, puis se rendre sur les chantiers, et le patron doit
visiter les clients. Pour obtenir les émissions "intermédiaires" il
faudra alors tenir compte :
·de
la production de l'électricité achetée à l'extérieur,
·du
carburant utilisé par les véhicules de chantier,
·des
déplacements domicile travail,
·des
émissions de la voiture du patron pour visiter les clients et surveiller les
chantiers.
Enfin on peut aussi considérer :
·que
les profilés en aluminium ou en plastique qui ont été utilisés pour la
construction ont engendré des émissions pour être produits,
·que
les transports de ces profilés et vitres jusque dans l’entreprise ont engendré
des émissions,
·que
les déchets produits (chutes de matériaux, papier, etc) engendrent des
émissions (lorsque l'on les brûle en incinérateur, ou lorsqu'ils pourrissent en
décharge),
·que
les produits ou services achetés (téléphone, machines, bâtiments, ordinateurs)
ont eux aussi donné lieu à des émissions,
·etc…
Dans une approche
"globale", on prendra donc également en compte :
·les
émissions qui ont été nécessaires pour fabriquer les fenêtres,
·les
émissions engendrées par la construction du bâtiment et des machines,
·les
émissions dues au transport des fournitures de chez le fabricant jusque dans
cette entreprise,
·les
émissions liées à l'incinération des chutes de plastique,
·les
émissions liées à la mise en décharge de certains des déchets
Exemple 3 : un magasin de bricolage
Ici les émissions
"internes" tiendraient uniquement compte :
·des
consommations énergétiques directes pour le chauffage (gaz naturel par
exemple),
·des
fuites du système de climatisation (s’ il y en a un),
Dans une approche intermédiaire on
tiendra aussi compte :
·de
la production de l'électricité achetée à l'extérieur,
·des
consommations des véhicules possédés pour la manutention intra-site.
·des
déplacements des employés pour venir au travail,
·du
déplacement des clients jusqu'au magasin,
·des
missions du personnel pendant la journée avec leurs propres voitures.
Enfin dans une approche globale on
tiendra compte :
·des
émissions incluses dans les produits vendus, voire des émissions liées à
l'utilisation des produits vendus (qui consomment de l'énergie),
·des
émissions liées aux déchets, notamment les emballages des produits vendus,
·du
transport des produits des fabricants jusqu’au magasin,
·des
émissions engendrées par la construction du bâtiment,
·des
émissions liées à l'utilisation de l'informatique et de l'électronique (il a
fallu fabriquer les ordinateurs, et cela engendre des quantités significatives
de gaz à effet de serre),
·les
émissions incluses dans les produits ou services achetés (par exemple le papier
nécessaire pour les promos déposées dans les boîtes à lettres, etc).
Il est assez facile de voir, sur cet
exemple, que la différence entre l'approche "interne" et l'approche
"globale" sera majeure : les émissions induites par l'activité de
l'entreprise mais non directement faites sur place seront prépondérantes devant
celles qui ont lieu localement.
Exemple 4 : une banque
Au titre de l'approche
"interne", on prendrait en considération :
·le
chauffage des locaux, sauf s'il est fait à l'électricité,
·les
fuites du système de climatisation (s’ il y en a un),
·des
déplacements de personnel dans la journée ou en mission.
L'approche "émissions
intermédiaires" prendra également en compte :
·la
production de l'électricité achetée à l'extérieur,
·les
déplacements des salariés pour venir au travail,
·les
déplacements des clients jusqu'à l’agence.
Mais dans une approche
"globale", il faudra tenir compte :
·de
la fabrication du papier pour les envois aux clients, pour les prospectus,
ainsi que pour les archives internes,
·des
émissions liées à la fabrication de l'informatique et de l'électronique,
·des
émissions engendrées par la construction du bâtiment,
·des
émissions liées aux déchets, notamment les papiers, qui peuvent être jetés par l’activité
ou les clients.
Exemple 5 : une préfecture de
région
Il faut rappeler une nouvelle fois
que la méthode Bilan Carbone est applicable à une administration publique.
Au titre de l'approche interne, on
prendrait en considération :
·le
chauffage des locaux, sauf s'il est fait à l'électricité,
·les
fuites du système de climatisation (s’ il y en a un).
Puis, au titre de l'approche intermédiaire,
on regarderait aussi :
·la
production de l'électricité achetée à l'extérieur,
·les
déplacements des employés pour venir au travail,
·tous
les déplacements des personnes liés à l'activité, y compris les voyages en
avion ou en train,
·éventuellement
la consommation des véhicules possédés par la préfecture, quel que soit leur
usage,
Et pour une approche
"globale", il faudra tenir compte :
·du
déplacement des "usagers de l'administration" jusqu'au local de
réception au public,
·des
émissions liées à la fabrication du papier utilisé, puis de leur fin de vie
pour la partie qui est jetée,
·des
émissions engendrées par la construction du bâtiment,
·des
émissions liées à l'utilisation de l'informatique et de l'électronique....
6.Forces et faiblesses de
l’outil
La méthode Bilan Carbone proposé par
l’ADEME a divers atouts. Elle permet de calculer les émissions de gaz à effet
de serre d’une activité poste par poste et de hiérarchiser les actions à mettre
en œuvre pour que celles-ci soient les plus efficaces possible. Le calcul poste
par poste permet de voir les postes les plus exposés à l’augmentation du prix
des énergies fossiles et donc les postes les plus appropriés pour effectuer
certains changements.
Cette méthode permet à une activité
d’être mieux reconnue auprès de ses collaborateurs et de ses clients d’un point
de vue environnemental : la démarche environnementale de son système
qualité en est renforcée.
Le
Bilan Carbone a certains avantages que n’ont pas les autres méthodes
similaires. Tout d’abord, les sources d’émissions et les différents gaz à effet
de serre considérés sont très nombreux : on les retrouve quasiment tous,
ce qui permet à la méthode de s’appliquer à tout organisme, quel que soit son
activité (entreprise,
administration ou collectivité publique, association, …).
Comme
les différents calculs sont réalisés à partir de facteurs d’émissions et que ceux-ci
figurent dans les fichiers fournis par l’ADEME, il est très facile de vérifier
la pertinence des résultats et de les modifier pour corriger les erreurs ou
s’adapter à de nouveaux facteurs.
De
plus comme la méthode est basée sur un fichier Excel, la mise en œuvre au sein
d’une activité en est facilitée.
La
méthode proposée par l’ADEME a néanmoins certains défauts. La complexité
entrainée par l’exhaustivité des gaz pris en compte peut parfois rebuter les
utilisateurs et donc limiter l’utilisation de cette méthode tout comme le coût
de l’outil Excel. Ceci peut se révéler être un inconvénient non négligeable car
l’utilisation d’une unique méthode pourrait être utile dans l’optique de mise
en place d’un système de permis d’émission européen (ou mondial) : chaque
participant devrait faire un inventaire de ses émissions avec les mêmes bases.
De
plus les documents fournis sont avant tout techniques et ne sont donc pas
compréhensibles par tout le monde : on ne retrouve aucun commentaire sur
les phases de préparation du bilan ou sur l’étape de collecte des données.
7.Temps/difficulté d’apprentissage
La
formation à la méthode Bilan Carbone est délivrée par l'ADEME.
On
retrouve trois modules de formations : l’acquisition des bases de la
méthode, la maitrise de la méthode et la spécialisation à la méthode. Ces
modules s’étalent sur un ou deux jours de formations (8 à 16 heures), sont
dispensés par une équipe pédagogique et sont payants.
Par exemple, l’acquisition des bases de la méthode dure 2
jours (16 heures de formation) et coûte 1250€. Elle est ouverte à toutes les
personnes souhaitant avoir une première approche de la méthode (les personnels
des entreprises, des collectivités territoriales ou des bureaux d’études) et
permet aux participants deposséder une vision
synthétique des principaux enjeux de la lutte contre le changement climatique,
de savoir faire le lien entre ces enjeux et la méthode Bilan Carbone et de
découvrir et comprendre la méthode et ses outils.
Après
ces formations, l’ADEME cède gratuitement les droits d'utilisation de la
méthode Bilan Carboneen mettant à disposition les tableurs et les
manuels d'utilisation.
Cependant
la formation n’est pas obligatoire pour utiliser cette méthode : si une
activité veut établir son Bilan Carbone, l’ADEME envoie différents prestataires
pour l’accompagner durant toute l’étude.
Actuellement
des formations plus réduites sont disponibles dans le cadre de l’enseignement. En
effet, certains enseignants peuvent recevoir une formation ayant pour
objectif d’alimenter des séquences pédagogiques à l’attention des
étudiants et ceci en relation avecles préconisations de maîtrise des émissions de gaz
à effet de serre et de réduction des consommations énergétiques.
Les étudiants quant à eux disposent d’une version simplifiée
de la méthode : le Bilan Carbone Campus. Ceci leur permet des’impliquer dans une dynamique de
réduction des émissions de gaz à effet de serre.
8.Outils de fonction similaire
Malgré le fait que le réchauffement climatique soit un problème persistant
actuellement, les méthodes de comptabilisation des émissions de gaz à effet de
serre ne sont pas extrêmement nombreuses.Outre le Bilan Carbone de l’ADEME,on peut trouver :
·Le GHG Protocol mis en place par le World Resources Institute (WRI) en
collaboration avec le World Business Council for Sustainable Development
(WBCSD). Il s’agit d’une méthode très directrice (méthode « pas à
pas ») et très claire (explications des méthodes de calcul et fichier
Excel relativement simple) mais ne prenant en compte que les émissions de CO2
parmi les gaz à effet de serre et fournissant les résultats avec les unités
utilisées aux Etats-Unis.
·Une
méthode mise en place par Tufts University
s’appliquant aux universités etprenant
en compte deux gaz différents et ceci dans l’ensemble des bâtiments de
l’université mais souffrant d’un manque de rigueur : les références ne
sont pas présentes et quelques erreurs se sont glissées dans les documents.
9.Supports logiciels
Afin
d’établir au mieux l’évaluation des émissions de gaz, chaque version du Bilan
Carbone se compose de divers éléments. On retrouve :
·un tableur Excel principal dit
tableur-maître permettant d’effectuer le calcul des émissions, comparer
entre elles les émissions d'une année à l'autre et évaluer le potentiel de
diverses actions de réduction,
·un premier utilitaire, spécifiquement prévu pour assister
l’utilisateur dans le calcul des tonnes.kilomètres en transport routier,
·un deuxième utilitairedédié au calcul des fuites de gaz
frigorigènes dans les installations de froid et climatisation,
·un troisième utilitaire ayant
pour vocation de permettre à l’utilisateur d’exploiter les résultats du tableur
principal en simulant « ce qui est économiquement en jeu » sur l’ensemble
de l’activité étudiée si le coût des énergies fossiles augmente ou si une taxe
sur les émissions de GES est instaurée,
·lesmanuels d'utilisation de
ces différents tableurs
D’autres documents sont aussi disponibles
sur le site officiel de l’ADEME comme par exemple :
·le « Guide méthodologique», décrivant la
mise au point de la méthode pour toute activité industrielle ou
tertiaire, toute collectivité ou tout territoire
·le
document « Calcul des facteurs d'émission », expliquant notamment la manière dont ont
été choisies les valeurs utilisées par défaut dans les tableurs, ainsi
que les sources utilisées.
Exemple
de rapport d’étude effectuée à la Direction Générale de l’Energie et des Matières
Premières, du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie :