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Pour chaque
catégorie de produits concernés, les écolabels fixent des exigences environnementales.
Ces dernières sont établies après une étude du cycle de vie des produits, l’une
d’entres elles étant l’Analyse du Cycle de Vie.
Cycle de Vie d'un produit
Cette prise en compte de toute la chaîne
(depuis l’extraction des matières premières, jusqu’au traitement des produits
en fin de vie) est une caractéristique forte des écolabels. Elle permet de
s’assurer qu’il n’y a pas de transfert de pollution d’une étape à une
autre.
1) Définition
L’Analyse de Cycle de Vie (ACV) est un outil
d’évaluation environnementale basé sur une approche systémique et comptable qui
permet de mesurer les impacts d’un produit (d’un procédé ou d’un service) depuis
l’extraction des matières premières qui le composent, en passant par les phases de distribution et d’utilisation, jusqu’à arriver à son élimination en
fin de vie.
2) Création et histoire
A quoi est due l’apparition des analyses
de cycles de Vie ?
Dans un premier temps, les entreprises
ont introduit des études visant à réduire les consommations d’énergie puisque celles-ci
pouvaient représenter une part trop importante du coût, ou bien être très
nettement supérieure à la consommation d’un concurrent. Ensuite sont créées d’autres
études qui prennent en compte la consommation des matières premières afin d'obtenir un meilleur rendement. Enfin ces études évoluent pour prendre également
en compte les consommations énergétiques une fois le produit fini, notamment
pour sa destruction en fin de vie.
C’est donc comme cela qu’a été
introduit l’analyse du cycle de vie au cours du temps.
Aujourd’hui,
on peut considérer que le premier à avoir utilisé cette méthode est Harry E.
Teastley Jr. puisqu’il a réalisé en 1969 une étude multicritère pour Coca-Cola
qui prenait en compte l'ensemble des impacts environnementaux, de l'extraction
des matières premières à l'élimination des déchets. De cette étude est ressorti, contre
toute attente, que la bouteille en plastique fut le choix qui paru le meilleur.
Quelques informations supplémentaires
sur l'ACV de coca cola: ici
Historique des Analyse de Cycle de Vie :
-1984 : publication par l 'EMPA du " Bilan
écologique des matériaux d'emballages ".
-1991 : premiers
travaux à la SETAC.
-Mars 1992 : premier
schéma Européen sur les Eco-labels.
-Juin 1992 : création de
SPOLD, réalisation d'un standard d'échange de données entre 1995 et 1996.
-1996 : NF X30-300,
première norme en France sur les Analyses de Cycle de Vie.
-1997-2000 : ISO
14040,41,42,43, série de normes internationales traitant des différentes étapes
de la méthode.
-1999-2001 : ISO 14020, 25
, 48, 49, série de normes et documents techniques, concernant la communication,
les modes de déclarations environnementales et les modes de travail…
3) De quoi s'agit-il?
Comme
dit dans la première partie, l’Analyse de Cycle de Vie permet de quantifier les
impacts d’un «produit » (qu’il s’agisse d’un bien, d’un service, voir d’un
procédé), et ceci depuis sa « naissance » jusqu’à sa « mort ».
En pratique, les flux de matières et d’énergies entrants et sortants à chaque étape
du cycle de vie sont inventoriés (inventaire du cycle de vie : ICV) puis on
procède à une évaluation des impacts environnementaux à partir de ces données
grâce à des coefficients préétablis permettant de calculer la contribution de
chaque flux aux divers impacts environnementaux étudiés. En fonction de l’objet
de l’étude, les impacts couramment retenus sont l’effet de serre, l’acidification,
l’épuisement des ressources naturelles…
Le schéma
ci-dessous illustre cette notion de transfert de pollution d’une étape du cycle de vie à une autre, transfert qui peut être révélé par une
telle analyse:
L’ACV est la méthode la
plus aboutie en termes d’évaluation globale et multicritère, puisqu’elle
résulte de l’interprétation du bilan quantifié des flux d’énergies et de
matières liées à chaque étape du cycle de vie des produits, exprimée en impacts
potentiels sur l’environnement.
4) Dans quelles circonstances l'utiliser?
L’analyse du cycle de vie est une méthode qui vise à limiter les impacts
néfastes sur l’environnement, une entreprise peut donc choisir de l’adopter ou
non. Ainsi on ne peut pas dire quand l’adopter, ceci est au bon vouloir de l’entreprise.
Toutefois à l’heure du développement
durable, il est préférable pour la plupart d’entre elles d’y avoir recourt,
puisque plusieurs taxes sont instaurées telles que la taxe carbone. Cependant
une ACV étant très cher, toute entreprise ne peut pas la financer, ainsi il lui
advient de peser le pour et le contre en considérant les différentes taxes et
le prix de cette étude. En effet, une entreprise qui conçoit un produit à 100
exemplaires préférera payer la taxe plutôt que de financer une ACV complète,
contrairement à une entreprise qui produira 1.000.000.000 d’exemplaires.
5) Courte description du principe de fonctionnement
D’après
la Norme ISO 14040, l’analyse
de cycle de vie est articulée en quatre étapes :
-étape 1 : Définition des objectifs et du champ
de l’étude,
-étape 2 : Inventaire des flux matières et
énergies associés aux étapes du cycle de vie rapporté à l’unité fonctionnelle
retenue,
-étape 3 :
Evaluation des impacts potentiels à partir des flux matières et énergies
recensés,
-étape 4 :
Interprétation des résultats obtenus en fonction des objectifs retenus : cette
étape est en relation avec les 3 autres de manière à toujours vérifier que les
résultats obtenus permettent de répondre aux objectifs de l’étude.
Comment réaliser une ACV :
Il faut toujours commencer par faire l’inventaire des substances composant le
produit pour connaître ses impacts.
Pour
cela, il faut étudier préalablement les flux créés par les produits, c'est-à-dire
connaître ses impacts sur l’environnement en tenant compte des flux de matière
et d’énergie entrants (matières premières,…) et sortants (déchets,…)
nécessaires à la fabrication du produit.
Il
s’agit donc de faire un inventaire des substances composant le produit et de
leurs impacts néfastes sur l’environnement.
Enfin,
l’ACV prend en compte l’ensemble des impacts environnementaux générés par les
flux, sachant qu’un flux peut à lui seul créer plusieurs impacts (tels que :
augmentation de l'effet de serre, pollution de l'air, pollution de l'eau et
eutrophisation, épuisement des ressources naturelles, diminution de la
biodiversité, production de déchets,…).
Il
ne faut pas oublier que l’ACV prend également en compte les étapes de gestion
des déchets (destruction, stockage, recyclage, …)
6) Forces et faiblesses de l'outil
L’ACV est une méthode
qui permet d’obtenir une vision d’ensemble de l’impact sur l’environnement d’un
« produit », c'est-à-dire de prévoir la pollution qu’engendrera sa
destruction, ou même les impacts engendrés par son fonctionnement (pollution
pour une automobile par exemple). Cette méthode permet également de comparer
plusieurs produits ou procédés entre eux pour choisir lequel sera le plus
respectueux pour l’environnement (voir image partie 3).
Cependant comme toute
méthode d’étude, celle-ci possède quelques limites. Notamment la qualité de l’étude
dépendant pour beaucoup du financement, puisqu’il faudrait dépenser une somme considérable
pour obtenir la base de données « complète » des différents flux
utilisés pour un produit. Une autre limite de cette méthode étant la
localisation de l’étude puisqu’une étude réalisé en Afrique du sud ne sera pas
la même qu’une autre réalisé aux États-Unis. Ainsi
on peut en déduire que dans la plupart des cas une ACV n'est pas "transportable".
Sachant qu’une ACV peut être déjà très longue et très fastidieuse, créer une ACV
transportable nécessiterait une analyse supplémentaire augmentant encore la longueur de l’étude.
D’autre part, il existe
plusieurs méthodes pour tenir compte de l’environnement dans la conception d’un « produit »,
et choisir celle-ci plutôt qu’une (ou plusieurs) autre(s) est totalement arbitraire.
Comme expliqué dans la partie 8, il est possible de remplacer l’ACV par
plusieurs autres « sous » études permettant ainsi à l’entreprise de
ne s’intéresser qu’à quelques impacts tels que le bilan carbone ou
encore le contenu en CO2.
En conclusion, bien que l’ACV soit très
utile pour la conception d’un « produit » dans un monde favorisant le
développement durable, celle-ci peut être facilement contestable par une autre
entreprise qui aurait choisie une méthode similaire.
7) Temps/Difficultés d'apprentissage
Aucunes données trouvées quant à la durée ou la difficulté
d’apprentissage de cette méthode. Toutefois, on peut trouver quelques
informations concernant la durée et le coût moyen d’une ACV.
Les
coûts et durées de réalisation sont bien entendu très variables d’une ACV à l’autre.
Ils dépendent de l’ambition de l’objectif, de l’étendue du champ à étudier
ainsi que de l’existence et de l’accessibilité de données d’inventaires
publiques ou publiées.
En matière de
délais, si les études les plus simples peuvent être réalisées en quelques
semaines, dès lors que le sujet est un peu plus complexe et qu’il nécessite le
recueil de données et/ou la négociation d’un certain nombre d’hypothèses avec
des représentants professionnels, les délais sont forcément de plusieurs mois
et peuvent facilement dépasser l’année. Pour les études les plus lourdes (comparaison
de produits ou de filières par exemple), nécessitant un grand nombre de
représentants et la réalisation d’une revue critique multi-acteurs finale, la
durée totale de l’étude peut approcher 16 à 24 mois.
8) Outils de fonction similaire
Pour diminuer
l'empreinte environnementale d'un « produit », ou pour identifier les
opportunités d'optimisation d'un système ou encore pour choisir entre deux
options, l'analyse du cycle de vie est l'outil à utiliser. Plus d’une douzaine
de catégories d’impacts est utilisée dans une ACV.
Suite au Grenelle
de l'environnement en France, le bilan carbone est devenu très populaire et souvent
l'unique référent en terme de performance environnementale.
Le calcul d'une
ACV ou d'un bilan carbone repose sur une approche très similaire. La différence
fondamentale est que le bilan carbone ne prend en compte que les émissions de
gaz à effet de serre alors que l’ACV va calculer en plus l’impact sur d’autres
domaines comme par exemple l’acidification des eaux.
On peut donc dire
qu’il n’existe pas réellement de fonctions similaires, mais que l’Analyse de
Cycle de Vie en regroupe plusieurs autres.
9) Supports logiciels
Bien qu’en théorie l’ACV soit facile à réaliser, en
pratique il semblerait qu’elle soit très difficile, c’est pourquoi il existe de
nombreux logiciels pour utiliser l’Analyse de Cycle de Vie, afin d’avoir accès
à d’énormes bases de données fournies et mises à jour par ces mêmes logiciels.
Le fonctionnement de ces logiciels semble simple puisqu’il
permettent de réaliser des modèles de cycle de vie et de calculer à l’aide de
bases de données les impacts potentielles qu’auront ces «produits» sur
l’environnement.