Dénomination :
Analyse morphologique ou « Balayage
du champ des possibles »
Définition :
Méthode visant à aider à identifier de
nouveaux produits ou procédés jusque-là ignorés et à balayer le champ des
scénarios possibles.
Historique :
Cette méthode fut inventée par Fritz Zwicky au cours de la
seconde guerre mondiale, alors qu'il travaillait pour les Américains.
Son but était de faire de l'invention « une routine, c'est-à-dire un
procédure banale ».
Cette méthode a été ‘redécouverte' à la fin des années 80, en menant un
projet
pour le ministère de la
Défense français. En effet, l'analyse morphologique avait été
délaissée du fait de la quantité de combinatoires impressionnante à
prendre en
compte et à gérer.
De quoi
s'agit-il ? :
L'analyse morphologique vise à explorer de manière
systématique tous les futurs possibles d'un système à partir de l'étude de
toutes les combinaisons issues de sa décomposition.
Elle se base sur la
construction de scénarios exploratoires et aide à mettre en évidence des
procédés ou des produits nouveaux par la stimulation de l'imagination.
Dans quelles
circonstances l'utiliser ?
On peut utiliser l'analyse morphologique dans toutes sortes
de domaines : la construction de scénarios exploratoires et tous les
domaines d'innovation et de recherche d'idées nouvelles.
Curieusement, l'analyse morphologique a longtemps été
utilisée en prévision technologique et assez peu en prospective économique ou
sectorielle. Pourtant, un système global peut très bien être décomposé en
questions ou variables démographique, économique, technique, sociale ou
organisationnelle, avec pour chacune de ces variables ou questions clés pour
l'avenir un certain nombre d'hypothèses ou de réponses possibles pour le futur.
Description de son fonctionnement :
L'analyse morphologique se découpe en plusieurs phases.
Tout d'abord, il s'agit de
construire un espace morphologique (aussi appelé champs des possibles). Cet
espace est difficile à cerner et il convient de diviser le système étudié en
sous-systèmes (ou composantes) avec pour chacune d'elle un certain nombre
d'états (aussi appelés hypothèses ou configurations). Dans cette décomposition
du système, le choix des composantes est délicat et nécessite une réflexion
approfondie réalisée par exemple à partir des résultats de l'analyse
structurelle. Il
convient tout d'abord
d'avoir des composantes aussi indépendantes les unes des autres que
possible. La multiplication des
composantes peut vite devenir un problème au niveau des combinatoires.
Cependant, un choix trop restreint de composantes risque de limiter
l'étude. Un
scénario donné sera caractérisé par le choix d'une configuration
spécifique sur
chacune des composantes. Il y aura ainsi autant de scénarios possibles
que de
combinaisons de configurations. L'ensemble de ces combinaisons
représente le
champ des possibles
Ensuite, il
faut réduire l'espace morphologique. Certaines combinaisons, voire même
certaines familles de combinaisons sont irréalisables (incompatibilités entre
configurations, etc...). La deuxième phase du travail consiste donc à réduire
l'espace morphologique initial en un sous-espace utile, par l'introduction de
contraintes d'exclusion, de critères de sélection (économiques, techniques..) à
partir duquel les combinaisons pertinentes pourront être examinées.
Autres outils
assurant des fonctions similaires :
Les différents autres outils permettant la prospective
(étude des avenirs possibles) sont :
- La méthode DELPHI
- La méthode MACTOR
- La méthode de l'utilisateur pilote
Forces /
Faiblesses de l'outil :
La première limite de l'analyse morphologique découle du
choix des composantes : en omettant une composante ou simplement une configuration
essentielle pour le futur, on risque d'ignorer toute une face du champ des
possibles (qui n'est pas borné mais évolutif dans le temps). C'est la raison
pour laquelle, il est prudent d'ajouter une hypothèse avec " ? " pour
se souvenir qu'il y a bien d'autres hypothèses possibles et donc des dizaines
voire des centaines de scénarios ignorés par la construction.
La deuxième limite vient bien sûr de la combinatoire qui,
très vite, submerge l'utilisateur. L'une des solutions, comme il est expliqué ci-dessus, est
d'introduire des critères de sélection, des contraintes d'exclusion ou de
préférence et d'exploiter le sous-espace morphologique utile.
Difficultés
d'apprentissage :
Cette méthode est relativement simple à maitriser. De plus,
il existe des logiciels tels que MORPHOL qui permettent de mettre en forme
l'analyse morphologique et d'aider à la gestion des combinatoires. C'est ainsi
que cette méthode se répand de plus en plus, permettant de balayer de façon
quasi exhaustive le champs des possibles.
Autres remarques :
Bibliographie :
http://erwan.neau.free.fr
http://www.iaat.org/telechargement/guide_methodo/4_7_morphol.pdf
http://www.3ie.fr/lipsor/morphol.htm
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