LE MODELE SECI DE NONAKA ET TAKEUCHI
1)
Définitions :
Le
modèle SECI de Nonaka et Takeuchi est un modèle ayant pour but de
théoriser le phénomène de production, d'utilisation et de
diffusion de connaissances, au sein d'une organisation, et notamment
dans le milieu industriel. On cherche à expliquer le processus de
transformation d’informations tacites en informations explicites.
Mais
tout d'abord, deux définitions :
Le
savoir tacite : enraciné dans l'action,
dans les routines, dans un contexte spécifique. Les connaissances
tacites regroupent les compétences innées ou
acquises, le savoir-faire et l'expérience. Dans une entreprise, la
connaissance tacite peut s'assimiler au capital intellectuel de
celle-ci. Le savoir tacite est donc ce qui peut augmenter la
productivité personnelle au niveau individuel et l'avantage
concurrentiel au niveau de l'entreprise.
Le
savoir explicite : connaissance
codifiée,
transmissible en un langage formel et systématique. Les savoirs
explicites
sont les connaissances clairement énoncées ou énonçables. Ces
connaissances sont facilement transférables physiquement, car elles
sont stockables matériellement : un document papier peut être
transféré par la poste, et un document électronique peut être
diffusé par une messagerie électronique ou via un site web. Le
savoir tacite est donc la production de données au niveau
individuel, et la gestion électronique documentaire au niveau de
l'entreprise.
2)
Création et histoire :
En
1988, Ikujiro Nonaka et Hisayuki Takeuchi ont crée le modèle SECI
de création du savoir. De part la nationalité de ses concepteurs,
ce modèle ne peut s'appliquer pleinement qu'an Japon, où les
valeurs morales sont différentes de celles des pays occidentaux.
Ainsi, on a vu des entreprises occidentales appliquer cette méthode,
ce qui a conduit à la transformation des informations tacites en
informations explicites, et à la création de nombreux endroits de
stockage, souvent plus encombrants qu'utiles.
3)
De quoi s'agit-il ?
Le modèle SECI
est un modèle pratique et facile a mettre en œuvre. Il considère
que
le but premier de l'entreprise est de se démarquer de ses
concurrents et ainsi de s'imposer sur le marché. Cette avance sur
les concurrents s'obtient grâce à l'intelligence collective de
l'entreprise. Ce modèle consiste donc à théoriser l'obtention et
la transformation de l'information dans l'entreprise.
Il s'insère dans une mouvance relativement récente : le Knowledge
management. C'est à dire la gestion des connaissances au sein d'une
entreprise.
4) Dans
quelles circonstances l'utiliser ?
Le modèle
crée par Nonaka et Takeuchi semble correspondre totalement au milieu
entrepreneurial japonais. Cependant, il est beaucoup moins adapté
aux entreprises occidentales. En effet, au Japon, la dimension de
groupe et de travail d'équipe est beaucoup plus développée que
dans nos pays. Malgré cela, ce concept peut être très utile
lorsqu'une entreprise cherche à "recenser" son capital
intellectuel.
5)
Courte description du principe de fonctionnement :
Le
modèle SECI tire son nom (SECI) des quatre modes
de conversion de l'information. En passant par ces quatre étapes, le
personnel d'une entreprise peut agrandir son savoir, pour que
celle-ci soit plus compétitive.
Les
quatre modes sont :
-
La
Socialisation
:
La
socialisation a pour principal caractéristique de ne pas être
codifiable. En effet, elle convertit du savoir tacite en savoir
tacite. C'est le processus de partage d’expériences. La
connaissance se transmet par l’observation et l’imitation. On
acquiert pas de connaissance tacite sans passer par la pratique et
l’apprentissage manuel.
-
l'Externalisation
: L’externalisation
permet d'associer et de trier les savoirs tacites afin de pouvoir les
expliciter. Elle transforme donc du savoir tacite en savoir
explicite. Elle requiert un effort de structuration des idées pour
la rendre compréhensible pour les autres. Dans le modèle de Nonaka
et Takeuchi, l’externalisation est le point de départ du processus
de création de connaissances : la connaissance prend alors la
forme de métaphores, de concepts ou d’images. L’écriture est un
exemple quotidien du phénomène individuel d’externalisation.
-
La Combinaison
:
La
combinaison permet d'augmenter ses connaissances explicites en
puisant dans les connaissances (elles aussi explicites) de différents
interlocuteurs. Elle implique que différents individus entre en
contact pour échanger des savoirs. Ces échanges ont lieu lors de
réunions, de conversations téléphoniques ou encore de séminaires
de formation. Cette connaissance du groupe est assimilable à un
puzzle, où chaque individu sélectionne, synthétise et catégorie
les informations qu'il considère pertinente pour un sujet donné.
-L'Intériorisation
(ou assimilation)
: L’intériorisation des connaissances est l’aboutissement des
processus précédents. En effet, elle mène du savoir explicite au
savoir tacite, et donc aux savoirs-faire. Pour les entreprises, cette
étape est la plus importante, car c'est a ce moment que les employés
intègrent dans leur façon de travailler les connaissances qu'ils
ont acquis. L'intériorisation entraine des changements dans
l'entreprise, qui adopte de nouvelles méthodes et techniques.
On
peut schématiser ce processus par le cercle vertueux de la
connaissance :
Les
quatre modes de la conversion de la connaissance agissent les uns sur
les autres dans ce modèle. L’idée est qu'après chaque phase du
SECI, la phase se déroulant à t = t-1, enrichie la phase qui se
déroule à t =0, qui elle-même va enrichir la phase qui se déroule
à t =t+1. De ce fait c’est une véritable spirale qui se
développe, permettant de créer à son tour de nouvelles spirales.
La spirale devient de plus en plus grande durant son évolution.
Ainsi,
le modèle SECI de Nonaka et Takeuchi nous permet de comprendre les
mécanismes d'obtention d'informations dans les entreprises, qui
peuvent donc assurer leur place face aux concurrents.
Concrètement,
dans l'entreprise, ce modèle peut se schématiser ainsi :
6) Forces et
faiblesses :
L'un
des grands avantages de ce modèle est que la connaissance tacite que
chaque individu apporte est convertie et amplifiée par la spirale de
la connaissance, représentée ci-dessus. De plus, cette méthode est
très dynamique, et permet la création de connaissance.
7)
Temps/Difficultés d'aprentissage :
Ce modèle ne demande pas
beaucoup de temps d'apprentissage. Cependant, comme tout concept, ce
n'est pas le temps d'apprentissage qui est vraiment à prendre en
compte, mais le temps d'appropriation de ce concept.
8) Outils de
fonction similaire :
Le modèle SECI de Nonaka et
Takeuchi fait parti d'un ensemble, que l'on peut nommer le Knowledge
Management. Ainsi, il n'existe peut être pas d'équivalent direct au
travail de Nonaka et Takeuchi, mais on peut l'inscrire dans une
recherche générale de la gestion des connaissances.
9) Supports
logiciels :
Ce sujet ne peut pas faire
l'objet d'une informatisation.
10)
Bibliographie/Webographie :
http://www.syre.com/Nonaka.htm
http://www.alexandreperrin.com/dea/Lesmodesdetransformationdesconnaissances.html#Topic31
http://japknowledgement.canalblog.com/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gestion_des_connaissances#Outils_de_gestion_des_connaissances
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