1) Définition
Les cross impact matrix (matrices d'impacts croisés) sont des
tableaux à double entrée qui permettent, dans une liste
d’évènements, d'évaluer l'impact d'un événement sur les
autres.
2) Création et
histoire
La
méthode se base sur la question : est-ce que des prévisions peuvent
être basées sur la perception des interactions futures entre
différents évènements ?
Elle à été développée en
1966 par Theodore Gordon et Olaf Helmer. La première application de
la méthode s'est faite dans un jeu promotionnel, nommé « Future »
pour l'entreprise
Kaiser Aluminum and Chemical Company. Le jeu consistait en un jeu de
cartes décrivant chacune un évènement simple avec une probabilité
qu'il se produise. Ensuite on lançait un dé icosaédrique (vingt
faces) si le chiffre obtenu était plus élevé que la probabilité
de la carte alors l’évènement se produisait et on retournait
alors la carte.
Sur
le dos de la carte était écrit le « cross impact »
c'est à dire une phrase du type : « si cet évènement se
produit alors la probabilité de l’évènement n augmente/diminue
de x pour cent ». A la fin du jeu on disposait d'un tas
d’évènements réalisés et un tas d’évènements non réalisés,
qui correspondaient à un scenario. Ce dernier était en fait
déterminé par les probabilités initiales et les « cross
impact ».
Le
jeu permettait aussi aux joueurs « d'investir » dans un
évènement, afin de simuler un investissement en Recherche et
Développement par exemple.
La
méthode à été testée pour la première fois, informatiquement,
en 1968 à l'University of California de Los Angeles, par Gordon et
Hayward en utilisant le même principe que le jeu ci dessus.
3) De quoi
s'agit-il ?
Cette méthode fait partie des
techniques de prévision de type « cross systems ». C'est
un outil dit systématique, il permet d'étudier l'influence des
variables (ou évènements) d'un système sur lui même.
4) Dans quelles
circonstances l'utiliser ?
Cette méthode doit être
utilisée après avoir identifié les différentes variables du
problème (souvent après un brain-storming). Elle est utile lorsque
l'on veut étudier l'impact de chaque variable sur toutes les autre
variables et lorsque l'on veut savoir quelle est la variable qui à
le plus d'influence sur les système (donc les autres variables).
5) Courte
description du principe de fonctionnement
La méthode se base sur quatre
grandes étapes :
Étape 1 : il faut d'abord
définir avec précision les variables que l'on veut. Elles doivent
absolument être pertinentes, sinon on se retrouve avec à faire des
tableaux gigantesques. On doit donc réduire le plus possible les
variables
Étape 2 : Étape 1 :Étape 2 ensuite
pour chaque variable on attribue une probabilité P(n) qu'elle se
produise (indépendamment des autres).
Étape 3 : on remplit
le tableau suivant :
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Si cet événement
se produit :
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Alors la nouvelle
probabilité de ces évènements sera :
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Évènement 1
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Évènement 2
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Évènement 3
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Évènement 4
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Évènement 1
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P(1)
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B
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Évènement 2
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P(2)
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Évènement 3
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P(3)
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Évènement 4
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P(4)
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(Les cases noires sont ignorées)
B étant la probabilité qu'a
l’évènement 2 de se produire si l’évènement 1 se produit,
cette probabilité est déterminée par l'utilisateur de la méthode
selon sa perception. On procède ainsi pour toutes les cases laissées
vides. Il peut bien sûr y avoir plus de quatre évènements.
Étape 4 : on somme les
probabilités de chaque ligne, la ligne ayant le chiffre le plus
élevé est la ligne de l'évènement le plus global du système,
celui qui l'influence le plus. Notons qu'il faut calibrer la matrice
avec des formules mathématiques (disponibles dans le pdf ci
dessous), mais que des logiciels permettent d'automatiser la
procédure.
6) Forces et
faiblesses
Forces : cette
méthode est simple à mettre en œuvre, de plus les évènements
peuvent dans certains cas être apportés par une sondage ou un
questionnaire. Elle permet également d'obtenir une bonne vision
d'ensemble des variables d'un système.
Inconvénients : elle
dépend entièrement du jugement de l'utilisateur, elle est donc très
subjective. De plus elle reste incomplète puisque l'on néglige
forcement des variables (par volonté de simplification ou parce
qu'elles sont trop implicites).
7)
Temps/Difficultés d'apprentissage
Cette méthode prend entre une
demi-journée et une journée au groupe de travail, elle est
relativement facile à appliquer. Mais ses résultats dépendent
directement de l'expertise des utilisateurs.
8) Outils de
fonction similaire
On peut citer la cross impact analysis http://www.inventive-design.net/content/view/233/ qui ressemble fortement.
Notons également que la méthode
est souvent employée en association avec la méthode Delphi
http://www.inventive-design.net/content/view/202/.
9) Supports
logiciels
Il existe plusieurs logiciels
pour appliquer la méthode, le logiciel Szeno-plan par exemple
http://www.sinus-online.com/Szenario-Technik/Szeno-Plan/szeno-plan.html.
10)
Bibliographie/Webographie
http://www.emich.edu/public/geo/crossimpact.html
http://www1.ximb.ac.in/users/fac/dpdash/dpdash.nsf/23e5e39594c064ee852564ae004fa010/2a7a6240bcf05ebde5256906000a7322/$FILE/Cross-im.pdf
http://de.wikipedia.org/wiki/Wechselwirkungsanalyse
http://www.ees.ufl.edu/homepp/viessman/env5075/envdocs/crossimpact3.pdf
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